« La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste. »

La misanthropie, c'est une impossible déclaration d'amour à l'humanité.






lundi 28 août 2017

décentrement autocentré



Aux autres de définir ce que nous sommes d'insupportable. 

À défaut d'entrevoir certains détails de leur propre nature, les choses leur paraîtront plus simples, leur petit monde sera préservé et leurs certitudes consolidées



dimanche 27 août 2017

Atlas perd la boule




assertion 1
Nos vies ne reposent que sur une somme monumentale de déséquilibres dont nous sommes chacun collecteurs et créateurs avant même notre première respiration.


assertion 2
Ce que l'on appelle « cause » n'est que la conséquence de ce déséquilibre dont la conséquence est la cause.


assertion 3
L'équilibre n'est pas un état à peu près stable et non permanent entre deux (ou plus) déséquilibres qui s'opposent mais un subtil jeu de déséquilibrés.






lundi 16 janvier 2017

autodéfense d'un nombril écervelé



La question n'est pas de savoir pourquoi il est si difficile d'aimer et de pardonner mais de savoir pourquoi il est si facile de rejeter et mépriser.


mardi 27 septembre 2016

de passage

Entre deux levers de soleil, entre deux quignons de pain, entre deux pots de confiture et entre deux escales, entre deux reflets de la lune sur la Garonne et entre deux clopes, s'immisce en moi la délicieuse pensée que le temps ne passe pas, aujourd'hui même loin des miens. Graduellement, la répétition des gestes, l'accumulation de souvenirs dont on ne sait quand il vont surgir, les oublis utiles et ceux inattendus qu'un ami nous rappelle, les sursauts d'odeurs et les secousses, sur une longue plage de l'Atlantique, d'une lumière brumeuse et diaphane connue à un autre bout de la planète me pénètrent et m'assurent que le temps ne s'étire pas, qu'il ne s'écoule pas, qu'il ne s'empile pas mais qu'il vit en nous comme un flux nécessaire qu'il ne faut ni attraper ni ressasser ni prévoir. Nous passons éternellement pour avoir absorbé, sans le vouloir peut-être, une partie de cette éternité sans début ni fin. Le temps ne passe pas, seule la mort donne une durée aux choses et aux êtres. Seule la mort donne sens à notre éternité. 



lundi 9 mai 2016

samedi 7 mai 2016

Miroir, Ô mon beau miroir...


En disant « pour toi c'est toujours de la faute des autres ! », on extrapole le discours de l'autre avec une impuissance non dénuée de culpabilité. Pour faire inévitablement partie « des autres », en prenant la défense de cet ensemble qu'il constitue, on prend en réalité sa propre défense.

Se défendre de présupposés et toujours suspicieux, mais ici, le rejet de sa part de responsabilité sur autrui que sous-tend cette banale assertion dont on charge l'autre s'appliquerait donc directement à soi-même.

Je fais partie des autres.
Ce n'est donc pas de ma faute.
C'est donc de la faute des autres.








vendredi 1 avril 2016

tremblement d'ego


Quand le moindre de ses tremblements érige d'insurmontables remparts durs comme du roc et aussi peu consistants que la croyance en une terre plate, l'amitié, à ce point même dénuée des douleurs d'un possible romantisme, se révèle avoir été aussi accessoire que l'égocentrisme partagé qui lui a donné naissance.




lundi 28 mars 2016

vivre ses défauts à la racine



Une terre souillée d'excréments est plus fertile, une eau pure n'est pas toujours poissonneuse. C'est pourquoi l'être noble doit laisser subsister en lui une part d'impureté au lieu de vouloir se distinguer par une pureté sans défaut.


Hong Zichen 
Propos sur la racine des légumes  
début XVIIe



mardi 22 mars 2016

diabolique rhétorique



Le drame est l'avocat des passions humaines. Un avocat brillant qui, pour peu que nous soyons séduits par ses arguments, nous laisserait croire que nos travers sont indispensables à la vie tant nos qualités seraient ternes si elles devaient ne jamais plus affronter le pire de la nature humaine.



samedi 19 mars 2016

passage à la mounilettre












soyons tristes d'être heureux



Quand nous sommes heureux, nous ne sommes qu'un produit de notre société, dans ce qu'il a de plus mécanique.


Quand nous ressentons le bonheur, nous sommes des êtres humains dans ce qu'ils ont de plus vibrant.  


jeudi 17 mars 2016

lundi 14 mars 2016

gâchis axiomatique



Les esprits qui suivent :

À celui qui échoue, on dira que c'est de sa faute.
À celui qui réussit, on dira que c'est grâce à lui.


Les esprits qui cherchent :

À celui qui « échoue », on dira que c'est en partie à cause des autres.
À celui qui « réussit », on dira que c'est en partie grâce aux autres.


Les esprits qui ne suivent pas et ne cherchent plus :

Règle n°1 (R1) : Les qualités (Q) ne sont pas toujours en jeu pour peu qu'un intérêt supérieur s'accommode de leurs faiblesses ou de leur inexistance. 

Règle n°2 (R2) : Les défauts (D) seront toujours rédhibitoires, à moins qu'un intérêt supérieur à leur « nuisance » ne soit en jeu.


Nos défauts et nos qualités n'étant que les objets d'intérêts qui ne sont pas les nôtres, on peut en déduire que R1 + R2 = [(Q / D) + (D - Q) + (Q - D) + (Q + D) + (Q x D)] = (on + n'a + pas + la + main).


Nos défauts et nos qualités n'étant que les objets d'intérêts qui ne sont pas les nôtres, on peut en déduire qu'il devient délicat de savoir où nos défauts et nos qualités se trouvent sans perdre un peu la boule.


Nos défauts et nos qualités étant d'omniprésents objets d'intérêts qui ne sont pas les nôtres et qui nous pourrissent la vie, il devient difficile de ne pas dire ce qui vient d'être dit sans ne considérer ni « qualité » ni « défaut » ; toutes proportions gardées s'entend.










vendredi 26 février 2016

faux mouvement


L'homme a la prodigieuse faculté, dans un même mouvement, de ne pas savoir s'affranchir de causes aux conséquences fâcheuses quand le moindre de ses gestes ne tend que vers l'avenir. Un avenir dont on peut raisonnablement douter qu'il y croie vraiment.